7 mai 2019

Création d’entreprise et banques : des relations compliquées

Si vous créez une société et que vous souhaitez minimiser vos frais bancaires, vous serez amenés après une recherche sur Internet à tomber sur des offres de banques en ligne et de néobanques pour professionnels qui affichent des tarifs très attractifs (environ 15 €/mois pour la tenue du compte bancaire et des services associés). Le vécu remonté par certains entrepreneurs révèle des difficultés parfois surprenantes.

Des avantages théoriques

Les néobanques et les banques en ligne adossées aux traditionnelles banques de réseaux se concurrencent sur les thèmes de la flexibilité, et de la facilité d’utilisation au moindre coût. Elles proposent :

  • Une ouverture de compte à distance par transferts des pièces numérisées quand les établissements classiques vous demandent de passer dans une de leurs agences.
  • Des frais de tenue de compte beaucoup plus compétitifs avec des tarifs au minimum réduits de moitié.
  • De la réactivité dans les échanges avec votre responsable de compte

Le professionnel à la recherche d’un compte bancaire pour son entreprise peut vite déchanter sur les avantages avancés.

À l’épreuve des réalités de la vie de l’entrepreneur

L’un de mes amis, décidé à créer son entreprise, me racontait qu’il a été dans l’impossibilité d’ouvrir un compte auprès de Qonto du fait de sa domiciliation qui mentionnait un double numéro (10-12 rue…) certaines factures portaient l’un quand les autres se référaient au second. Impossible de se sortir de l’imbroglio des justificatifs de domiciles cohérents, au bout de 15 jours il a jeté l’éponge.

Il s’est ensuite tourné vers une banque en ligne, Boursorama chez qui il avait un compte titres. Surprise, refus lui fut signifié au motif de ses statuts : pas de compte bancaire pour une SAS. Le fait d’être déjà client à titre personnel pour une autre prestation ne joua pas en sa faveur.

Il finit par trouver preneur auprès d’une autre banque en ligne, manager.one avec cependant certaines restrictions. Par exemple, sur l’encaissement des chèques, leur nombre est limité à 5 dans l’année et chaque chèque est bloqué 60 jours à partir de la date d'encaissement. Cette durée correspond au délai légal au-delà duquel les fonds d'un chèque ne peuvent plus être rappelés par le donneur d'ordre. Les montants ne sont pas crédités sur le compte courant avant la fin de ce délai. Bref, du dissuasif. Mais pas le choix, le temps passant, il y avait urgence pour l’ouverture du compte bancaire. Le paradoxe est que ce service de banque en ligne qui s’appuie sur une banque familiale classique pratique des tarifs pour les professionnels plus élevés que ceux des banques de réseaux.

Il en ressort le sentiment, confirmé par les échanges passés avec d’autres entrepreneurs maintenant solidement ancrés dans leur activité, que les conditions bancaires proposées peuvent être abusives.

Les néobanques, pour digitalisés que soient leurs services, n’en demeurent pas moins prudentes et sélectives dans le choix de leurs clients entreprises, surtout en début d’activité.

Je profite donc de l'occasion pour glisser que notre équipe organisera une conférence, le 16 mai prochain au matin, sur la négociation des conditions bancaires.

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