2 octobre 2018

Le métier de trésorier n’est pas ce que vous croyiez

Contrairement à ce que l’on pense, le rôle du trésorier ne se limite pas à la simple collecte quotidienne des informations bancaires, à une activité de compilation d’informations venues de la banque, afin d’émettre - au final - des chèques et des virements.

Le trésorier, sentinelle du château fort

Pour comprendre le rôle du trésorier il faut envisager son entreprise comme une place forte susceptible d’être victime d’attaques venant de l’interne comme de l’externe.

En cas d’agression les sentinelles, seront les premières personnes informées : découvert bancaire, tentative de fraude au fournisseur, fraude interne, rien ne doit lui échapper.

Comme pour un coffre-fort, la gestion du cash de la société ne peut être accessible au tout-venant mais doit également donner de la visibilité sur l’état des finances et donc de la santé de l’entreprise.

Le trésorier, agent du renseignement

Afin de pouvoir anticiper, prévoir, sécuriser les flux financiers, il doit en effet en un coup d’œil être capable d’identifier les risques à venir. Il doit également être à l’écoute directe et indirecte des différents départements : le commercial qui va conclure une affaire importante à des conditions de règlement dérogatoires, le directeur général qui envisage une croissance externe, le comptable qui a créé un RIB fournisseur sans vérifier soigneusement l’identité du bénéficiaire.

Les initiatives des uns et des autres peuvent ainsi générer des acomptes à verser, des cautions à émettre avec l’impact que l’on devine sur la trésorerie (pourquoi ce retard dans ce règlement ?). Nous touchons ici à la dimension de communication de la fonction.

La réactivité est de mise mais aussi la force de proposition : nouveaux outils informatiques, méthodologie d’optimisation de la gestion du cash, le trésorier doit conduire et non subir les changements qui se révéleront à terme bénéfiques pour tous.

La fonction indispensable ?

Comme vous le savez, la présence d’un trésorier se justifie à l’aune d’un certain nombre de critères : la taille de l’entreprise, mais au-delà la part du chiffre d’affaires réalisée à l’étranger et les risques géopolitiques qui peuvent être induits (dans certains pays il est aisé de faire entrer mais impossible de faire sortir), le nombre de banques et de comptes bancaires utilisés.

Pour les TPE point de nécessité de procéder au recrutement d’un professionnel à plein temps : l’intervention ponctuelle d’un expert externe peut les satisfaire pour un contrôle de leurs conventions et conditions bancaires par exemple.

Pour les autres, il faut penser au rôle de sentinelle évoqué précédemment : qui assure la fonction en son absence ?

Le trésorier d’entreprise apparaît donc comme le pivot de la société, au carrefour des échanges d’informations qui se traduisent par des flux financiers, et non pas le simple vérificateur de l’équilibre des comptes bancaires.

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