4 juin 2018

Les Directeurs Financiers et les affres du management

Lors d’une procédure de recrutement à un poste de Directeur Financier, un candidat, de 26 ans, se donnait un score de 4/5 quant à ses capacités de manager. À l’aune de mon expérience j’exprimai quelques doutes sur le sujet.

Les entreprises, à partir d’une certaine taille, sont dotées de véritables départements financiers organisés sur la base de la taylorisation des tâches avec, à la tête, le Directeur Financier/CFO. Cela implique de sa part des capacités managériales qui ne sont pas toujours au rendez-vous.

Le débat sur les qualités d’un manager peut être sans fin. Je vais donc me limiter à trois critères qui, selon moi, sont les pierres de touche de l’appréciation des capacités d’un Directeur à gérer son équipe.

1. Travailler à sa propre inutilité

Le test de l’efficacité de votre management apparaît le jour où, pour une raison ou une autre, vous disparaissez de votre service : Si celui-ci continue à fonctionner, c’est que vous avez mis en place les bons « process », avec les bonnes personnes qui sont capables de travailler et de faire fonctionner le département en votre absence.

Dans ce cas de figure, le Directeur peut dégager du temps et de l’énergie à d’autres sujets comme la mise en place d’un système informatisé de gestion par exemple.

Dans « la vraie vie », l’on rencontre plutôt des responsables qui s’accrochent à leur poste en se rendant indispensable et en utilisant les collaborateurs comme des fusibles utiles au gré des aléas de la vie de l’entreprise.

2. Savoir licencier

Inévitablement, vous allez à un moment donné être amené à vous séparer de l’un de vos collaborateurs (ayant travaillé à votre propre inutilité ou pas).

Cela doit se faire sans barguigner, en respectant les hommes et les procédures, tout en sachant que cela ne vous met pas à l’abri d’un dérapage prud’homal.

Rares sont les licenciés qui sauront reconnaître votre droiture dans cette procédure. D’où la nécessité d’avoir la qualité suivante.

3. Assumer l’impopularité

Je me méfie toujours des Chefs qui sont « aimés » par leurs équipes. Cela révèle selon moi une lacune qui est celle de pouvoir/devoir prendre des décisions impopulaires, mais nécessaires. Pas d’augmentation de salaire, suppression des bonus, avec malgré tout un surplus de travail ne sont pas choses aisées à expliquer.

La vie en entreprise n’est pas un long fleuve tranquille et les revirements brusques de stratégie sont monnaies courantes. Vous devez suivre et expliquer cela à votre équipe avec conviction (merci le storytelling).

Le Directeur Financier est un homme sensible comme les autres et peut rechigner à porter les mauvaises nouvelles qui nuiront à son image auprès de ses subordonnés. Le management est une histoire de tempérament, et l’on peut être un professionnel des chiffres et autres tableaux de bord sans avoir le talent pour la gestion des hommes. Bonne nouvelle : il y a des formations pour ça.

Pour en revenir à mon candidat qui se mettait également une note de 5/5 en Anglais, ce qui signifie selon moi qu’il s’agit là de sa langue maternelle (de toute évidence ce n’était pas le cas), je rappellerai que pour les Japonais il est bien arrogant de s’évaluer soi-même, seul votre environnement est en droit de le faire.

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