23 avril 2018

Falsifier les comptes « pour le bien de l’entreprise » ?

Pour le bien de l’entreprise, tel est le titre d’un reportage réalisé par Hyoe Yamamoto en 2014, et diffusé sur la chaîne de télévision ARTE en 2016, qui revient sur le scandale financier d’Olympus, société japonaise centenaire.

L’histoire

En 2011, le PDG Michael Woodford, d’origine britannique, est mis à la porte 6 mois après sa nomination (et après 30 de carrière au sein du groupe) pour avoir révélé au grand public les malversations comptables et financières réalisées dans les années 90. Olympus a en effet tenté de dissimuler ses pertes à travers des acquisitions douteuses. Il s’agit d’une fraude d’1700 M$ couverte par les différents administrateurs qui se sont succédé à la tête de la société.

Le contexte culturel

Il faut rappeler un des principes de fonctionnement de la société japonaise, celui de la verticalité : les intérêts du groupe auquel vous appartenez l’emportent sur tout, par opposition à l’horizontalité de la société française où les solidarités de classe dominent (entre ouvriers, professeurs vs la société qui vous emploie). En clair vous devez loyauté et total dévouement à votre employeur (et au-delà de la personne physique, à votre hiérarchie) qui, en échange, vous rémunérera dans un emploi à vie.

Le dénouement

Trois dirigeants furent arrêtés, mais condamnés somme toute à des peines légères : 5 ans avec sursis pour la plus sévère, au motif du non-enrichissement personnel des protagonistes. À noter qu’ils avaient intégré la société à un moment où les pratiques de falsification de comptes avaient déjà cours, les avaient découvertes mais les avaient tenues secrètes.

Le trucage des comptes n’avait pour but que de sauver la société Olympus… Pour le bien de l’entreprise et de ses salariés. Ces dirigeants, dans une certaine logique japonaise, ont considéré que la révélation du scandale aurait été préjudiciable à la continuité de l’existence de la compagnie. Ils n’ont pas hésité à sacrifier leur réputation et leur carrière.

Olympus existe toujours et est côtée à la Bourse de Tokyo. Elle a survécu au scandale. D’autres l’ont imitée, comme Toshiba, mais cela est une autre histoire.

Mais pour nous, occidentaux, il est bien difficile de trouver une morale à tout cela.


L’intégralité du reportage peut encore être consultée en ligne, par l'intermédiaire du blog "Crashdebug".

Derniers articles

7 mai 2019

Création d’entreprise et banques : des relations compliquées

Si vous créez une société et que vous souhaitez minimiser vos frais bancaires, vous serez amenés après une recherche sur Internet à tomber sur des offres de banques en ligne et de néobanques pour professionnels qui affichent des tarifs très attractifs (environ 15 €/mois pour la tenue du compte

Lire la suite »

17 avril 2019

La trésorerie toujours la préoccupation n° 1 des chefs d’entreprise

Lors d’un webinar organisé par un prestataire de services dédiés au PME, il était rappelé que le souci premier des patrons est la trésorerie (pour 43 %), loin devant celui plus commercial de « trouver de nouveaux clients » (28 %). Il ne faut cependant pas se méprendre sur le terme générique de

Lire la suite »

28 mars 2019

Cybersécurité et PME : encore un long chemin à faire

Chez BDO VIA FINANCE, nous avons eu l’occasion dans le passé d’évoquer ce sujet au combien sensible que celui de la fraude en entreprise. Afin de mieux répondre aux attentes de nos clients nous avons récemment mis à notre catalogue un applicatif dédié à la lutte contre la fraude au sein des services

Lire la suite »