19 février 2018

CFO Club du 15 février : Et si Malthus avait finalement raison ?

Le CFO Club qui se déroulait au nouveau siège des Échos, dans le 15ème arrondissement de Paris, jeudi soir, a tenu toutes ses promesses par la qualité de ses intervenants. Devant la grande richesse des propos, j’ai retenu un sujet qui est revenu plusieurs fois dans les interventions : la démographie.

Ainsi Jean-Hervé Lorenzi (Président du Cercle des Économistes), a rappelé qu’il y a de cela 15 ans, le mot d’ordre au sein des Directions Financières était d’obtenir impérativement un taux de profitabilité de 15%. Je me souviens parfaitement de cette période car je l’ai vécue là où j’étais chez un éditeur de logiciels de Gestion de Trésorerie. Pourquoi 15 et pas 20 ? La chose me paraissait extravagante car impossible à réaliser dans les conditions de l’époque, sauf à couper dans les budgets de la R&D et du Marketing. Ce qui fut fait.

En échangeant avec mes collègues du service financier, il me fut rétorqué que tout cela venait des fonds de pension américains qui devaient dégager des revenus pour leurs retraités. Bref, nous étions pressurés pour maintenir un haut niveau de vie au retraité de Floride. Le vieillissement de la population était une tendance lourde pour les années à venir et les choses n’allaient donc pas s’arranger.

De son côté, l’ancien Ministre des Affaires Étrangères, Hubert Vedrine, souligna lors de son intervention la naïveté passée des Européens quant aux contrôles des flux migratoires et combien il était important de rassurer nos populations sur le contrôle aux frontières de l’espace européen actuel. Cela tenait de la reconquête des « eurosceptiques » (les déçus), qui ne doivent pas être confondus avec les « euro-hostiles ». D’une manière générale, la part relative de la population européenne, et donc de la population française en particulier, ne cesse de décroitre au sein d’une population mondiale en constante augmentation.

Vieillissement des populations, accroissement de la population mondiale, flux migratoires incontrôlés, et voilà relancé le débat sur le partage des ressources dans un monde fini. Entre les États et au sein des Nations, se pose de façon aiguë la question du partage des ressources. Le sujet lancé par le révérend Malthus* à la fin du XVIIIe siècle est de nouveau mis sur la table du banquet de la Nature où, selon lui, tout le monde n’aura pas sa place.


* Thomas Malthus, économiste britannique qui lança l'idée que tout le monde n'aura pas sa place au banquet de la Nature, dans An Essay on the Principle of Population, 1e édition 1798, Londres.

  • « Le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus grand que le pouvoir qu’a la terre de produire sa subsistance »
  • « La population s’accroit en progression géométrique. Les substances ne s’accroissent qu’en progression arithmétique »

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